Université citoyenne des pays ornais

Quand

Vendredi 2 octobre 2026    
18h30 - 20h30

L'escarbille Boissy-Maugis
5, rue du Perche, Cour Maugis sur Huisne, 6110

Le 2 octobre prochain, L’Université citoyenne des Pays ornais ouvrira sa troisième saison par une séance sur les libertés associatives et leur remise en cause dans le contexte actuel. Rendez-vous à L’Escarbille à Cour-Maugis à partir de 18h30. C’est le directeur de recherches au CNRS Julien Talpin, qui animera cette nouvelle séance de l’UCPO. Il présentera le livre qu’il a publié l’année dernière avec Antonio Delfini L’État contre les associations. Anatomie d’un tournant autoritaire (Textuel, 2025). Les deux auteurs y défendent la thèse selon laquelle le milieu associatif constitue un maillon décisif de la démocratie représentative. Concrètement, les associations permettent à des groupes sociaux de faire entendre des intérêts qui resteraient invisibles dans les institutions représentatives classiques, tout particulièrement au niveau local, elles organisent la mobilisation collective et contribuent au pluralisme du débat public. Elles ne sont donc pas seulement un supplétif de l’action public ou un prolongement de cette action, une manière finalement de limiter leur rôle. Elles viennent en fait pallier les lacunes du système politique représentatif en donnant une voix à des individus et des groupes souvent marginalisés dans l’espace public. Les auteurs font ainsi le lien avec la crise de la représentation politique actuelle. Dans une société où les élus politiques, y compris locaux désormais, sont de plus en plus contestés, l’enjeu démocratique n’est pas de choisir entre la représentation politique classique par des élus et la participation citoyenne à des associations, mais d’organiser l’articulation entre ces deux dimensions. Or la défiance actuelle envers les associations tend à réduire les possibilités qu’elles offrent aux citoyens d’intervenir. Depuis plusieurs années et plus particulièrement depuis la loi de 2021 contre le séparatisme, les pouvoirs publics ont en effet progressivement renforcé leur contrôle sur le monde associatif, les poussant vers leur dépolitisation sous peine de tracasseries et de sanctions. C’est donc la vie démocratique du pays qui se trouve ouvertement appauvrie par ces nouvelles pressions politiques et bureaucratiques sur les associations.